Batman en 2022
Une simple rue dans la pénombre. C’est à travers cette image que le réalisateur Matt Reeves nous fait découvrir The Batman, ce retour du film bien noir et sombre, et aux méchants démons que l’on imagine en ressortir. Les quinze premières minutes du film proposent une très bonne entrée en matière. Un nouveau Chevalier Noir qui façonne les ténèbres pour mieux hanter les rues de sa ville natale. Nous avons trois heures pour suivre Bruce Wayne, alias Batman, combattre la corruption qui sévit à Gotham City.
En gros, ça nous parle de quoi ?

Après avoir passé deux ans à arpenter les rues de Gotham City en tant que Batman (Robert Pattinson), sème encore la terreur auprès des criminels. Personnage très sombre, il est l’incarnation de la vengeance. Toujours accompagné de ses célèbres compatriotes dans sa lutte du crime tel que son fameux majordome Alfred Pennyworth (interprété par Andy Serkis) ou encore le lieutenant James Gordon (interprété par Jeffrey Wright), notre héros devra encore et toujours protégé sa ville natale contre les grands méchants de Gotham City.
« I am vengeance »
Ce Batman est inédit, nous observons un personnage déchiré, écorché vif comme on ne l’a jamais vu chez un super-héros. Un personnage qui ne fonctionne qu’avec les douleurs, les sensibilités et les angoisses du monde actuel. Zoe Kravitz qui interprète Catwoman, délivre une performance qui sort de l’ordinaire. Elle arrive à se détacher du côté badass, le cliché un peu facile qui colle à la peau des personnages féminins et sur lequel DC s’est beaucoup appuyé dans ses films. Ni forte, ni faible la Catwoman de Zoe Kravitz est très entêtée, déterminée dans ses quêtes, elle n’hésite pas à faire tomber son masque pour mener à bien ses missions.
Matt Reeves nous dépeint un monde qui se désarticule par les catastrophes et désastres d’une guerre sans répit. Ce Batman presque névrosé, emporte le spectateur dans un monde de chaos du fait de ses pensées exprimées par sa voix off mais aussi des images retranscrites. En effet, avec cette voix off de film noir, cette réinvention du super-héros est renforcée. Ce n’est sans doute pas pour rien que le directeur de la photographie du film n’est d’autre que Greig Fraser (Bright Star, Rogue One ou encore Dune) qui est très fort quand il s’agit de gérer la noirceur et le clair-obscur d’un film.
The Batman nous avait prévenus dès l’apparition de sa bande annonce en empruntant Something in the Way à Nirvana (que l’on peut retrouver dans le film), nous découvrons un héros reclus et traumatisé par son passé, une sorte de Kurt Cobain des temps modernes addicte non pas à la drogue mais à ses quêtes nocturnes pour protéger les citoyens de Gotham City.
