café culturel

Clownferences: L’itinéraire-bis pour comprendre les sciences

Le café culturel L’Itinéraire-Bis a accueilli mardi 26 novembre 2019 les hurluberlus de Cosmo’note, une association qui aborde la culture de manière singulière. Ils venaient présenter une clownférence sur le nombre d’or. L’occasion de rire et de comprendre parfaitement (ou presque) les secrets de cette proportion divine.

A l’intersection entre la rue Périole et la rue Bernard Ortet, se dresse L’Itinéraire-Bis et sa devanture ambrée. A l’intérieur on y discute fort et on boit des verres. Ce soir-là, le mardi 26 novembre 2019, un rideau rouge a été accroché au plafond pour séparer l’espace bar et l’espace spectacle. Ce dernier se remplit rapidement. A 20h30, les bavards de la première pièce sont priés de baisser d’un ton. La clownférence va commencer.

Les sciences par l’humour

Si on s’attend à une conférence classique, on peut être surpris.  Monsieur D et le Capitaine Stoetöskov deux « envoyés spatial » nous embarquent dans leur vaisseau pour une séance de « réharmonisation musicocosmique ». Ils se donnent comme défi de nous expliquer les secrets du nombre d’or : le plus irrationnel de tous les nombres.  Ils reviennent sur l’histoire de ce mystère mathématique qui a affolé les pythagoriciens des années avant J-C (Jean-Claude dans la conférence-spectacle). A l’aide d’un tableau noir, d’un pentacle et de formules mathématiques, ils essayent de nous prouver l’existence de ce nombre fantasmé.

Affiche de l’Itinéraire-bis pour la clownférence : Chut! Le nombre d’or

A la fin de la représentation, nos méninges et zygomatiques ont bien travaillé. Nos deux « intermittents du pentacle » ont réussi avec un discours drôle et clair, à soulever les principales zones d’ombres qui entourent le nombre d’or. Cette conférence Chut ! Le nombre d’or fait partie du cycle de clownférences proposées par l’association Cosmo’note. Cette dernière aborde la musique, les arts, les sciences par des formats peu communs (randonnées astromusicales, expositions contemplatives etc.)

Les clownférences ne sont pas seulement un moyen de comprendre les sciences de manière ludique. Elles déconstruisent les aprioris qui entourent les Sciences et qui tiennent à distance ce domaine et un public non connaisseur. En transformant une conférence en spectacle participatif, le spectateur n’est plus mis à distance : les Sciences deviennent un sujet comme un autre. Les experts en mathématique, Monsieur D et le Capitaine Stoetöskov semblent tout droit sortis d’une soirée déguisée. Ils désacralisent ainsi la figure de l’érudit scientifique.

Le foisonnement culturel d’un lieu engagé

L’itinéraire-bis accueille pour une seconde année un cycle de clownférences. Mais les activités de ce café culturel ne s’arrêtent pas là. Débats, concerts, café-signe, ateliers pour enfants se succèdent au fil des semaines.  Les évènements, souvent à prix libre, laissent la possibilité à chacun.e de trouver chaussure à son pied.

Devanture de l’Itinéraire bis, rue Périole. Photo Elsa Témoin

Le lieu, ouvertement engagé, souhaite être un endroit « sûr » pour toutes et pour tous. Les pancartes à l’intérieur du café ne laissent aucun doute : les propos racistes, misogynes, homophobes sont interdits et entraînent une exclusion immédiate. Le lieu assume ses positions politiques et ses évènements ne sont pas choisis au hasard. Les clownférences non plus. Pendant Chut! Le nombre d’Or!, le professeur Stoetöskov rappelle que pendant longtemps les nombres pairs étaient associés aux femmes et au mal et les nombres impairs aux hommes et à la bienfaisance. Il rajoute ensuite « il semblerait que vous ayez gardé quelques traces de cet héritage sur terre ». 3 jours après la manifestation contre les violences faites aux femmes, les deux « envoyés spatial » semblent nous rappeler les maux qui touchent encore notre société.