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Charles Burns : un maître de la bande dessinée à Colomiers

L’œuvre de Charles Burns sera visible à Colomiers jusqu’au 4 janvier ©Luka Martineau

Le festival de bandes dessinées de Colomiers a eu lieu du 15 au 17 novembre. À cette occasion plusieurs expositions avaient été mises en place, notamment une consacrée à Charles Burns, fer de lance de la bande dessinée d’auteur américaine depuis les années 80. Cette mise en lumière monographique est visible au Pavillon Blanc Henri Molina, à Colomiers, jusqu’au 4 janvier 2020.

Une œuvre en noir et blanc

Présentées dans la salle d’exposition de la médiathèque, les nombreuses planches montrées en partenariat avec la Galerie Martel et les éditions Cornélius dressent un panorama représentatif de l’art de Burns. Le noir et blanc a été privilégié, mettant en avant une unité graphique et délaissant les planches en couleur de l’auteur, comme celles de Toxic, La Ruche ou encore Calavera. Les nombreux portraits de personnages qui constituent une bonne partie de l’exposition convergent vers le centre de la pièce et donc vers le visiteur. Le parcours proposé par la scénographe Louise Decq est construit comme un cheminement à travers les différents thèmes de prédilection de Charles Burns. On retrouve ainsi un penchant marqué pour les corps en souffrance, les masques ou la symbolique de la naissance. Les cartels regroupent les différentes illustrations autour de ce rapport thématique. On peut ainsi penser aux films très organiques de David Cronenberg, qui met lui aussi en scène le corps humain de manière monstrueuse, avec ses excroissances de chair ou ses visages déformés de freaks. Le visiteur est accueilli par le visage de Chris , héroïne d’une des plus grandes œuvres de la bande-dessinée américaine Black Hole, publiée intégralement en France en 2006. Ce portrait d’adolescente cristallise les préoccupations de Burns et fait face à un mur qui présente de nombreuses couvertures de magazines dessinées par l’auteur et qui représentent une de ses sources d’inspirations principales. Se trouvent en miroir l’héritage de Burns et son application dans ses écrits, porteurs à leur manière d’un certain malaise adolescent, très éloignée des figures archétypales des comic books ou des revues bon marché.

L’organicité, thème de prédilection de Charles Burns ©Luka Martineau

Une exploration sous influence

À l’entrée de la salle d’exposition a été mise en place une petite bibliothèque qui regroupe les œuvres de Charles Burns éditées en France (notamment par Cornélius), mais également les auteurs plus inattendus qui ont contribué à forger l’imaginaire de l’américain. On retrouve ainsi le célèbre reporter belge de Hergé, Tintin, qui a grandement influencé Burns pour sa trilogie Toxic. Le héros Doug est un clone du jeune homme bruxellois avec son nez retroussé et sa houppette caractéristique. Grand maître de la ligne claire, cette technique de dessin et de colorisation si caractéristique, Hergé a de se point de vue énormément nourri Burns. Est également mis en avant l’auteur de la Beat Generation William S. Burroughs (Le Festin nu) ou l’influence de la série B. De plus un atelier permet de pratiquer l’autoportrait, sur des plaques transparentes, à la manière du natif de Washington. L’appareil explicatif mis à disposition du spectateur permet ainsi de cerner un peu plus les motivations d’un des auteurs majeurs de la bande dessinée moderne.

https://www.pavillonblanc-colomiers.fr/le-programme/les-evenements/125-charles-burns-l-antre