{"id":1133,"date":"2022-03-09T11:04:00","date_gmt":"2022-03-09T10:04:00","guid":{"rendered":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2021\/?p=1133"},"modified":"2022-03-09T11:04:00","modified_gmt":"2022-03-09T10:04:00","slug":"entre-les-lignes-d-a-la-ligne-un-roman-de-joseph-ponthus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2021\/2022\/03\/09\/entre-les-lignes-d-a-la-ligne-un-roman-de-joseph-ponthus\/","title":{"rendered":"Entre les lignes d&rsquo;\u00ab A la ligne \u00bb, un roman de Joseph Ponthus"},"content":{"rendered":"\n<p>On s\u00e9pare souvent le monde de la culture et du savoir de celui de l\u2019industrie, du manuel, de l\u2019usine. Et pourtant, il arrive, peut-\u00eatre bien plus souvent qu\u2019on ne le croit, que ces deux milieux se rencontrent, voire m\u00eame qu\u2019ils se compl\u00e8tent. C\u2019est ce \u00e0 quoi en tous cas Joseph Ponthus croit, c\u2019est ce qu\u2019il a v\u00e9cu et nous raconte dans son premier roman\u00a0: <em>A la ligne \u2013 Feuillets d\u2019usine<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2021\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2022\/01\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-01-24-172644.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1140\" width=\"334\" height=\"494\" srcset=\"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2021\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2022\/01\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-01-24-172644.jpg 332w, https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2021\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2022\/01\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-01-24-172644-203x300.jpg 203w\" sizes=\"auto, (max-width: 334px) 100vw, 334px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">De la po\u00e9sie \u00e0 l&rsquo;usine : le journal intime d&rsquo;un int\u00e9rimaire <\/h4>\n\n\n\n<p>L\u2019unique roman de Joseph Ponthus, \u00e9dit\u00e9 \u00e0 La Table Ronde et paru en 2019 nous plonge dans l\u2019enfer du travail \u00e0 la cha\u00eene. L\u2019auteur y raconte son exp\u00e9rience d\u2019ouvrier int\u00e9rimaire dans une conserverie de poissons puis dans un abattoir. Ancien \u00e9tudiant en lettres en Hypokh\u00e2gne puis Kh\u00e2gne, devenu \u00e9ducateur sp\u00e9cialis\u00e9, Joseph Ponthus atterrit paradoxalement par amour dans la cha\u00eene infernale de l\u2019usine&#8230; Suivant sa compagne dans la belle r\u00e9gion bretonne, il ne parvient pas \u00e0 trouver de poste dans le milieu social et se tourne donc par d\u00e9pit vers une agence d\u2019int\u00e9rim. Joseph Ponthus embauche d\u00e8s lors jour apr\u00e8s jour dans les usines de poissons et les abattoirs bretons. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire se d\u00e9roule dans un d\u00e9cor nocturne, industriel, marqu\u00e9 par le bruit des machines, par l\u2019odeur de la mort, celle des poissons, des vaches, mais aussi marqu\u00e9 par la solidarit\u00e9 ouvri\u00e8re, par des petits chefs, des difficult\u00e9s physiques&#8230; Et au milieu de tout \u00e7a, ce sont aussi des moments d\u2019humour, d\u2019amour, des chansons, des souvenirs de livres et de grands auteurs qui pars\u00e8ment cette aventure ouvri\u00e8re. Entre deux d\u00e9coupes de queues de vaches, ou entre deux bulots se glissent des citations d\u2019Apollinaire, de Cendrars, de Dumas, de C\u00e9line et tant d\u2019autres. Pour l\u2019auteur, il lui fallait trouver \u00e0 quoi se raccrocher\u00a0: et ce f\u00fbt la litt\u00e9rature. C\u2019est \u00e0 chaque fin de service, enfin rentr\u00e9 chez lui, que l\u2019auteur se met \u00e0 \u00e9crire ces lignes. Il \u00e9crit pour se souvenir mais surtout \u00e9crit pour tenir. Tout comme suivre les aventures d\u2019un h\u00e9ros litt\u00e9raire peut faire s\u2019\u00e9vader, pour Joseph Ponthus, \u00eatre \u00ab\u00a0Le h\u00e9ros de [son] propre livre\u00a0\u00bb lui permet de se faire vivre ailleurs. Voici ce qu\u2019il dit\u00a0: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-large is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p>\u00ab&nbsp;Au fil des heures et des jours le besoin d\u2019\u00e9crire s\u2019incruste tenace comme une ar\u00eate dans la gorge<br> Non le glauque de l\u2019usine<br> Mais sa paradoxale beaut\u00e9&nbsp;\u00bb <\/p><cite>A la ligne, Joseph Ponthus <\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Un quotidien terrible donc accompagn\u00e9 de r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires po\u00e9tiques, des traits d\u2019humour, des touches de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Si le h\u00e9ros est \u00e0 la recherche de micro-passerelles de beaut\u00e9 pour tenir, c\u2019est aussi pour l\u2019auteur une fa\u00e7on d\u2019anoblir le travail effectu\u00e9 par ces int\u00e9rimaires et leur dire qu\u2019il y a encore du beau, de la lumi\u00e8re dans toute cette noirceur. <\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un roman singulier et spontan\u00e9 <\/h4>\n\n\n\n<p>&nbsp;A la question pourquoi lire ce roman je r\u00e9pondrais simplement que c\u2019est un livre qui ne ressemble \u00e0 aucun autre&nbsp;: tant par la forme que par le fond. Il est \u00e9crit \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un long po\u00e8me en prose, sans ponctuation, retournant sans cesse \u00e0 la ligne. Ces retours \u00e0 la ligne, c\u2019est le rythme de l\u2019usine. Ils traduisent le flot de pens\u00e9es de Joseph Ponthus dans cette cadence folle que lui impose ce travail \u00ab&nbsp;\u00e0 la ligne&nbsp;\u00bb. <\/p>\n\n\n\n<p>Le titre du livre est \u00e0 prendre en fait \u00e0 double sens. Le travail \u00ab&nbsp;\u00e0 la ligne&nbsp;\u00bb, c\u2019est le nouveau terme qui remplace et euph\u00e9misme le \u00ab&nbsp;travail \u00e0 la cha\u00eene&nbsp;\u00bb. Terme qui fait bien sourire l\u2019auteur, parce qu\u2019il n\u2019att\u00e9nue en rien les conditions de travail des ouvriers. Alors oui ce n\u2019est pas l\u2019usine du XXe si\u00e8cle, l\u2019usine de Zola et pourtant le r\u00e9cit ne s\u2019en \u00e9loigne pas tant. On y retrouve autant de trivialit\u00e9, autant de col\u00e8re, autant de fatigue&#8230; Cela dit le t\u00e9moignage dont nous fait part l\u2019auteur est loin d\u2019\u00eatre mis\u00e9rable, il est plut\u00f4t digne, battant, et optimiste. C\u2019est un livre qui ne d\u00e9nonce pas mais qui raconte. Le roman se pr\u00e9sente comme un hommage au monde ouvrier du XXIe si\u00e8cle. L\u2019\u00e9criture y est tr\u00e8s spontan\u00e9e, rel\u00e8ve presque de l\u2019oralit\u00e9. Le roman est tr\u00e8s narratif, tr\u00e8s imag\u00e9. La description des d\u00e9cors, concise mais percutante, est telle que les chapitres se lisent presque comme des tableaux. M\u00eame pour celui ou celle qui n\u2019a jamais v\u00e9cu d\u2019exp\u00e9rience similaire, l\u2019on peut tr\u00e8s bien s\u2019imaginer les sc\u00e8nes d\u00e9peintes dans ce roman. De ce fait, c\u2019est donc une lecture plut\u00f4t facile d\u2019acc\u00e8s, tout le monde peut lire <em>A la ligne<\/em>, petits comme grands lecteurs.&nbsp; Le roman est unique, son histoire partag\u00e9e et quand bien m\u00eame ce n\u2019est pas le cas, je vous invite \u00e0 la d\u00e9couvrir&nbsp;! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On s\u00e9pare souvent le monde de la culture et du savoir de celui de l\u2019industrie, du manuel, de l\u2019usine. 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