Cascade de Meg Stuart et Damaged Goods
Le monde subit une transformation dramatique et, au moins en ce qui me concerne, la danse est l’un des moyens de me rappeler qu’il faut y aller tranquille. Avancer à son rythme. Refuser d’accepter le courant dominant si l’on ne s’y sent pas à l’aise. Créer ses propres espaces, découvrir ce qui est essentiel et qui mérite de perdurer. Voilà ce qui est beau.
Meg Stuart
Cascade est un spectacle de danse contemporaine de la danseuse et chorégraphe américaine Meg Stuart et sa compagnie Damaged Goods au théâtre Garonne. Cascade c’est l’invention collective d’univers alternatifs par sept danseur.se.s et Meg Stuart, scénographié par Philippe Quesne et mis en musique par Brendan Dougherty. En entrant dans la salle nous découvrons directement le décor : de grands ballons gris-bleu, un tremplin, des filets suspendus et de la fumée, un univers sobre et étrange.. La scénographie donne au spectateur l’impression d’être au sein du décor, d’être nous aussi dans cet univers. Doucement la lumière se tamise et le musicien dans le coin de la salle du côté des spectateurs commence à jouer des percussions.. Au début, rien ne semble se passer puis on discerne un corps se déplaçant, tant bien que mal sur le haut d’un ballon.. Puis un autre danseur se déplace, en équilibre, avec difficulté, obligé dans cet univers accidenté d’effectuer des “cascades”. Dans cet univers, l’inconfort se transmet au spectateur, crée parfois du malaise que la cascade, la chute, la rupture vient dissoudre, le temps d’un rire, rire communicatif qui nous réunit dans la diversité, l’étrangeté… L’absurdité des trajectoires, des déplacements, les heurts et les rencontre nous interrogent. La musique nous embarque dans un rythme trépidant jusqu’à la transfert pour ouvrir des espaces de calme, de connivence entre les danseurs, entre danseurs et musiciens, entre danseurs et spectateurs.
Crédit photographie : Martin Argyroglo
