{"id":511,"date":"2020-11-17T21:32:29","date_gmt":"2020-11-17T20:32:29","guid":{"rendered":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/?p=511"},"modified":"2021-01-13T09:26:47","modified_gmt":"2021-01-13T08:26:47","slug":"pendant-le-confinement-un-regard-aux-plus-isolees-que-nous","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/2020\/11\/17\/pendant-le-confinement-un-regard-aux-plus-isolees-que-nous\/","title":{"rendered":"Pendant le confinement, un regard aux plus isol\u00e9es que nous"},"content":{"rendered":"\n<p><em>L&rsquo;intimit\u00e9 et la lutte des Yanomami \u00e0 travers les lentilles de Claudia Andujar gagnent de l&rsquo;espace en ligne \u00e0 la Fondation Cartier<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"text-align:right\"><strong>Victoria Franco<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Yanomami n\u2019\u00e9taient pas \u00e0 l&rsquo;aise devant les cam\u00e9ras. Il y avait toujours un certain soup\u00e7on que la photographie leur prendrait quelque chose de plus qu&rsquo;un simple portrait. Pour ces peuples autochtones de l\u2019Amazonie br\u00e9silienne, lorsque l&rsquo;image de l&rsquo;un de leurs morts reste parmi les vivants, l&rsquo;esprit de celui qui est mort peut avoir du mal \u00e0 atteindre le ciel et leurs proches, qui sont rest\u00e9s sur cette terre, peuvent finir par mourir de tristesse. Mais depuis 1971, les Yanomami ont fait une exception \u00e0 cette tradition et ils ont entam\u00e9 une relation avec Claudia Andujar qui allait bien au-del\u00e0 de la photographie. Et c&rsquo;est cette histoire, d&rsquo;un engagement artistique, personnel et politique entre la photographe suisse et ces indig\u00e8nes, que nous pr\u00e9sente <a href=\"https:\/\/claudia-andujar.fondationcartier.com\/fr\/chapters\/de-l-europe-a-l-amazonie-bresilienne\">l&rsquo;exposition La Lutte Yanomami<\/a>, anim\u00e9e par la Fondation Cartier.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"568\" src=\"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44-1024x568.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-516\" srcset=\"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44-1024x568.png 1024w, https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44-300x167.png 300w, https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44-768x426.png 768w, https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44-800x445.png 800w, https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-content\/uploads\/sites\/3\/2020\/11\/Captura-de-Tela-2020-11-17-a\u0300s-20.56.44.png 1369w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Capture d&rsquo;\u00e9cran au site de l&rsquo;exposition La Lutte Yanomami, de la Fondation Cartier. <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour une survivante de l&rsquo;holocauste qui a \u00e9migr\u00e9 au Br\u00e9sil et un peuple autochtone qui a surv\u00e9cu aux innombrables impacts de l&rsquo;arriv\u00e9e des \u00ab blancs \u00bb sur leur territoire, s&rsquo;adapter et r\u00e9sister \u00e0 de nouveaux d\u00e9fis \u00e9taient la cl\u00e9 de leur vie. L&rsquo;exposition consacr\u00e9e \u00e0 leurs trajectoires semble aussi demander la m\u00eame cl\u00e9: pr\u00e9vue pour se d\u00e9rouler sans interruption du 30 janvier au 10 mai cette ann\u00e9e \u00e0 Paris, elle a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e par l&rsquo;avanc\u00e9e de la pand\u00e9mie de covid-19. Mais en plus d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 rouverte du 16 juin au 13 septembre, son contenu a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 au num\u00e9rique par la Fondation Cartier afin qu&rsquo;il puisse continuer \u00e0 \u00eatre visit\u00e9 (et revisit\u00e9 librement) par le public, m\u00eame avec une collection r\u00e9duite.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Avec des photos, audios et vid\u00e9os, le site propose une exp\u00e9rience narrative divis\u00e9e en trois chapitres: le premier raconte le mouvement d&rsquo;Andujar de l&rsquo;Europe au Br\u00e9sil; le second pr\u00e9sente sa relation avec les Yanomami et le dernier la consacre, montrant l&rsquo;engagement de la photographe dans la d\u00e9fense des droits territoriaux autochtones. Tout le contenu textuel peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 en quatre langues: le fran\u00e7ais, l&rsquo;anglais, le portugais et l&rsquo;italien. Les audios ont \u00e9t\u00e9 doubl\u00e9s et les vid\u00e9os ont parfois \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es par des \u00e9quivalents dans chaque langue. En plus de l&rsquo;exposition virtuelle, dans l&rsquo;onglet \u00ab \u00e0 propos \u00bb la plateforme comprend une coupure de diverses actualit\u00e9s et des articles r\u00e9cemment publi\u00e9s sur Andujar et les Yanomami.<br><\/p>\n\n\n\n<p>La plateforme suit le style <em>timeline<\/em> et les premi\u00e8res images affich\u00e9es en noir et blanc r\u00e9v\u00e8lent d\u00e9j\u00e0 le penchant immersif et anthropologique de la photographe. Mais c&rsquo;est \u00e0 partir du chapitre 2 que l&rsquo;exp\u00e9rience visuelle des spectateurs change radicalement: les couleurs infrarouges, les flous et les jeux d&rsquo;ombre et de lumi\u00e8re introduisent une atmosph\u00e8re onirique. Il est clair que la rencontre avec les Yanomami a donn\u00e9 naissance \u00e0 une nouvelle Claudia, comme le montrent ses photographies. \u00c0 ce stade, les techniques exp\u00e9rimentales de la photographe impliquent de la gel\u00e9e de p\u00e9trole, des lampes \u00e0 huile et des filtres plac\u00e9s devant un objectif grand angle, avec un clic d\u00e9clench\u00e9 \u00e0 une vitesse d\u2019obturation longue. La tentative \u00e9tait d&rsquo;\u00e9voquer visuellement l&rsquo;exp\u00e9rience chamanique du peuple Yanomami.<br><\/p>\n\n\n\n<p>La fuite du style documentaire lors de la photographie exige davantage du public lorsqu&rsquo;il pose les yeux sur l\u2019\u0153uvre d\u2019Andujar. Au vu du manque de clart\u00e9, du chevauchement des \u00e9l\u00e9ments et d&rsquo;une palette de couleurs qui diff\u00e8re des repr\u00e9sentations du monde mat\u00e9riel, la taille dans laquelle les images sont dispos\u00e9es sur la plateforme semble insuffisante et l&rsquo;action de zoomer sur chacune d&rsquo;eux, pour essayer de retenir un peu plus de la sc\u00e8ne, devient imp\u00e9ratif pour le spectateur. L&rsquo;avantage c&rsquo;est que le contenu est disponible pratiquement sans date d&rsquo;expiration et peut \u00eatre revisit\u00e9 \u00e0 tout moment. Peu importe que tout puisse \u00eatre compl\u00e8tement parcouru ou non en 20 minutes. Le caract\u00e8re proc\u00e9dural de la relation qui a guid\u00e9 Andujar vers l&rsquo;intimit\u00e9 de ces indig\u00e8nes est \u00e9galement exig\u00e9 du spectateur. Si celui-ci recherche une exp\u00e9rience immersive dans l&rsquo;exposition, il lui faudrait donc rester un petit peu plus chez les Yanomami.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Film d&#039;exposition &quot;Claudia Andujar, La Lutte Yanomami&quot;\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/DO0wFR3zZQQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><figcaption>Film d&rsquo;exposition \u00ab\u00a0Claudia Andujar, La Lutte Yanomami\u00a0\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;intimit\u00e9 et la lutte des Yanomami \u00e0 travers les lentilles de Claudia Andujar gagnent de l&rsquo;espace en ligne \u00e0 la<\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[5,7],"tags":[],"class_list":["post-511","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-exposition","category-site-web-culturel"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=511"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/511\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1885,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/511\/revisions\/1885"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}