{"id":1919,"date":"2021-01-16T11:54:53","date_gmt":"2021-01-16T10:54:53","guid":{"rendered":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/?p=1919"},"modified":"2021-02-13T08:26:13","modified_gmt":"2021-02-13T07:26:13","slug":"souvenirs-sous-mots","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/2021\/01\/16\/souvenirs-sous-mots\/","title":{"rendered":"Souvenirs sous mots"},"content":{"rendered":"\n<p>     Biblioth\u00e8ques, librairies, rayons livres dans les supermarch\u00e9s, b\u00e2ch\u00e9s, pas essentiels. A l\u2019heure o\u00f9 le gouvernement d\u00e9cide de ce qui est n\u00e9cessaire ou non \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, que ce manque d\u2019ailleurs de culture et de beau a pris trop de place aujourd\u2019hui, un des recours possible pour\u00a0 tenter de s\u2019extirper de l\u2019atmosph\u00e8re du moment reste, entre autre, la pile de livres achet\u00e9s mais jamais lus. Dans cette pile se trouvait, <em>Un Parfum d\u2019herbe coup\u00e9<\/em> de Nicolas Delesalle. Aux allures de vacances tant par sa couverture que par son titre, ce livre a attir\u00e9 mon attention. <\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"> L\u00e9guer du v\u00e9cu <\/h5>\n\n\n\n<p>     Un jour d\u2019\u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 d\u2019une intention d\u2019acqu\u00e9rir de nouveaux livres, je me rends dans une librairie. L\u2019odeur propre \u00e0 ce lieu, celle des livres neufs et des magazines, du papier et de l\u2019encre accentue la volont\u00e9 de plonger le nez dedans. En choisir un seul? C\u2019est rarement possible. Alors on en prend plusieurs, de poches pour les \u00e9conomies et pour la place. Quelle agr\u00e9able surprise lorsqu\u2019en plus on voit affich\u00e9 \u201c Un Livre offert pour deux Livres de poches achet\u00e9s\u201d. Dans un bac \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, une multitude de livres, 12 fois le m\u00eame pour certains, c\u2019est dans ce bac de livres que l\u2019on ne vendra plus que j\u2019ai d\u00e9nich\u00e9 celui de Nicolas Delesalle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Reporter et auteur de nouvelles, Nicolas Delesalle nous raconte dans ce livre, ses souvenirs, des anecdotes, des moments de joies simples, ces fragments d\u2019enfance qui ont compt\u00e9. Sous la forme de nouvelles distinctes, il se rem\u00e9more des petits riens, des instants simples et banals qui sont si importants de vivre pour trouver et forger notre identit\u00e9. Il dit qu\u2019il ne conna\u00eet pratiquement rien de ses arri\u00e8res-grands parents ou grands-parents, des \u00e9migr\u00e9s de la r\u00e9volution russes, des italiens, des irlandais dont il ne conna\u00eet ni l\u2019histoire, ni le physique, ni le regard ou la personnalit\u00e9. Il choisit alors gr\u00e2ce \u00e0 ce livre, plut\u00f4t que de l\u00e9guer de la vaisselle, un tableau ou d\u2019autres choses mat\u00e9rielles, de faire cadeau d\u2019instants \u00e0 son arri\u00e8re-petite-fille imaginaire. <br><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\"> La m\u00e9moire en tweet  <\/h5>\n\n\n\n<p>On peut se dire que bien que racontant des souvenirs qui lui appartiennent, les rentr\u00e9es d\u2019\u00e9cole, les d\u00e9parts en vacances, les chansons en boucle dans la voiture, ce livre rassemble la m\u00e9moire collective. Dans ce livre, il semble mettre en avant l\u2019h\u00e9ritage identitaire. D\u2019o\u00f9 venons-nous, qui sommes-nous, o\u00f9 allons-nous, ces questions que l\u2019on se pose pour grandir, se construire et avancer. Par le biais de sa propre qu\u00eate d\u2019identit\u00e9, il semble anticiper celle de sa descendance, la rendant alors plus libre de son pass\u00e9 et de son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces histoires, Nicolas Delesalle les raconte d\u2019abord sur Twitter. Cette plateforme lui permettant de constituer des threads (tweets qui se suivent) il l\u2019utilise \u00e0 bon escient pour conter ses souvenirs. Il obtient alors tr\u00e8s vite de plus en plus de retweets et de likes, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce r\u00e9seau social que ses anecdotes touchent et plaisent \u00e0 un panel vari\u00e9 de spectateurs. N\u00e9e sur twitter, cette id\u00e9e prend alors la forme d\u2019un livre. Cependant aujourd\u2019hui c\u2019est dans le bac des livres offerts que je le retrouve. Sur la premi\u00e8re page se trouve aussi l\u2019annotation\u00a0 \u201cCe livre est offert par votre librairie et ne peut \u00eatre vendu\u201d . On peut alors se demander comment un livre n\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019engouement des \u201ctwittos\u201d finit par ne pas \u00eatre mis en vente. Qui prend la d\u00e9cision de mettre dans le bac \u00e0 livre, l\u2019objet que l\u2019on obtiendra si on en ach\u00e8te d\u2019autres en \u00e9change? Comment a-t-il atterri ici et quels ont \u00e9t\u00e9 les crit\u00e8res de sa mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart?<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Biblioth\u00e8ques, librairies, rayons livres dans les supermarch\u00e9s, b\u00e2ch\u00e9s, pas essentiels. 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