{"id":1458,"date":"2021-06-22T14:01:33","date_gmt":"2021-06-22T12:01:33","guid":{"rendered":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/?p=1458"},"modified":"2021-06-22T14:01:33","modified_gmt":"2021-06-22T12:01:33","slug":"la-visite-insolite-du-palais-du-facteur-cheval","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/2021\/06\/22\/la-visite-insolite-du-palais-du-facteur-cheval\/","title":{"rendered":"La visite insolite du Palais du Facteur Cheval"},"content":{"rendered":"\n<p> <\/p>\n\n\n\n<p>En pleine nuit, le Palais se d\u00e9voile \u00e0 nous sous les lueurs de plusieurs centaines de bougies, cette visite intime et onirique nous invite \u00e0 d\u00e9couvrir l\u2019univers du Facteur Cheval (1879-1912), un homme qui durant 33 ans de sa vie suivit son r\u00eave et construisit son palais de mani\u00e8re acharn\u00e9e, de jour comme de nuit, \u00e9clair\u00e9 de quelques bougies.<br><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une visite live Instagram<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<p>Lors de la nuit europ\u00e9ennes des mus\u00e9es \u201c\u00e0 la maison\u201d&nbsp; qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le samedi 14 novembre dans toute la France, les mus\u00e9es ont d\u00fb faire preuve d\u2019originalit\u00e9 et de perspicacit\u00e9 afin d\u2019offrir une programmation en ligne \u00e0 travers leur plateformes num\u00e9riques. Si certains mus\u00e9es sont en mesure de proposer des immersions virtuelles o\u00f9 le public est en totale autonomie pour profiter d\u2019une exposition, d\u2019autres confectionnent des s\u00e9ances vid\u00e9os en direct, o\u00f9 le r\u00f4le de la m\u00e9diation n\u2019est pas \u00e9cart\u00e9. Pour ma part, je ne suis pas partisante des expositions num\u00e9riques propos\u00e9es par certains mus\u00e9es, telles que les expositions Google o\u00f9 je finis pas perdre le nord avec les d\u00e9placements dans l\u2019espace propos\u00e9s par Google Street View.<br><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai trouv\u00e9 que le format de visite en live retranscrite sur Instagram \u00e9tait clairement plus vivant, et en effet l\u2019\u00e9v\u00e9nement se d\u00e9roulant dans le petit village d\u2019Hauterives dans la Dr\u00f4me a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ussi avec plus de 600 auditeurs! Le seul petit b\u00e9mol de la visite r\u00e9sidait peut-\u00eatre dans la profusion de commentaires et likes qui sont retranscrits en direct par le public, si bien que la bo\u00eete de dialogue vient parasiter la quasi-totalit\u00e9 de l\u2019\u00e9cran du t\u00e9l\u00e9phone, et \u00e7a.. pendant les 40 minutes de visite, ce qui est un peu irritant. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, je trouvais \u00e7a plut\u00f4t int\u00e9ressant de voir les diff\u00e9rentes r\u00e9actions du public, de sentir l\u2019enthousiasme et l\u2019\u00e9merveillement face \u00e0 l\u2019architecture, ses secrets, les inspirations de l\u2019artiste. En clair, les feed back du public rendait l\u2019\u00e9v\u00e9nement d\u00e9finitivement plus r\u00e9el et interactif, le public pouvait sortir de la passivit\u00e9 impos\u00e9e par l\u2019\u00e9cran. Finalement, j\u2019ai pu remarquer que de nombreux auditeurs se plaignaient de la g\u00eane, l\u2019exp\u00e9rience public est tout m\u00eame affect\u00e9e par les param\u00e8tres du num\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>La visite avait quelque chose d\u2019\u00e9trange, le directeur du mus\u00e9e Fr\u00e9d\u00e9ric Legros, lampe torche en main, suivi de son cameraman, nous guide autour du Palais, et s\u2019aventure dans les entrailles du curieux palais par de petits escaliers biscornus. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 nous faire part de son ressenti en direct durant cette exp\u00e9rience quelque peu farfelue, et oui, la visite a bien un caract\u00e8re mystique, hors du temps, dans ces galeries sombres \u00e9clair\u00e9es \u00e0 la bougie.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u201cL\u2019oeuvre d\u2019un seul homme\u201d<\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9diateur arpente le palais et nous pr\u00e9sente les d\u00e9tails les plus cach\u00e9s, comme le tombeau de sa petite brouette en bois, sa \u201ccompagne de peine, \u00e0 laquelle il rend hommage. Ce palais est une merveille architecturale qui invite au r\u00eave et \u00e0 l&rsquo;imaginaire \u00e0 chaque instant de la visite. Il est peupl\u00e9 d\u2019un nombre incroyable d\u2019animaux sculpt\u00e9s : pieuvre, serpent, biche, \u00e9l\u00e9phant, p\u00e9lican, ours. C\u2019est un hommage \u00e0 la nature, mais aussi aux cr\u00e9atures imaginaires, les f\u00e9es et les personnages mythologiques. Le cr\u00e9ateur s\u2019inspire de la nature et des cultures du monde les plus lointaines dont il s\u2019impr\u00e8gne \u00e0 travers les r\u00e9cits et les illustrations des cartes postales et magazines qu\u2019il distribue tous les jours lors de ces tourn\u00e9es. Sans jamais avoir voyag\u00e9 au-del\u00e0 de Lyon, cet homme a \u00e9t\u00e9 capable de reproduire dans son palais, des miniatures de temple indien, d\u2019une maison blanche. Toute sa vie, il accomplit son devoir de facteur, tout en consacrant sa foi in\u00e9branlable en ses r\u00eaves. On d\u00e9couvre ainsi l&rsquo;\u0153uvre d\u2019un homme autodidacte qui durant 33 ans de sa vie a b\u00e2ti seul son palais de r\u00eave, parcourant chaque jour une trentaine de kilom\u00e8tres avec sa brouette, o\u00f9 il collecte, transporte les pierres et coquillages glan\u00e9s lors de ces tourn\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une visite que je recommande vivement, l&rsquo;\u0153uvre de cet homme inspirant est exceptionnelle et c\u2019est un plaisir de d\u00e9couvrir ce mus\u00e9e en temps de confinement. Pour la nuit europ\u00e9enne des mus\u00e9es, l\u2019action num\u00e9rique propose un bon pr\u00e9ambule, n\u00e9anmoins cela suscite l\u2019envie de se d\u00e9placer. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pleine nuit, le Palais se d\u00e9voile \u00e0 nous sous les lueurs de plusieurs centaines de bougies, cette visite intime<\/p>\n","protected":false},"author":42,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1458","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/users\/42"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1458"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1459,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1458\/revisions\/1459"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1458"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1458"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/20201\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1458"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}