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« Grimoire, mon beau grimoire : entre sciences et légendes », l’avant-gout numérique de l’exposition « Magie, sorcellerie » à Toulouse

Comment garder le lien avec le public, tout en le préparant à revenir une fois le musée réouvert ? C’est la question que se sont posés le muséum d’histoire naturelle de Toulouse et le Musée des Confluences de Lyon pour leur exposition partenaire  « Magie, sorcelleries ». La réponse est toute trouvée : un site internet qui vous plonge dans l’ambiance de l’exposition pour vous y préparer et pour vous donner envie d’en savoir plus.

L’exposition devait commencer le 31 octobre, sans doute pour profiter de l’ambiance d’halloween. COVID oblige, elle a été reportée pour la réouverture du Muséum. Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Les deux musées ont fait preuve d’une formidable adaptation à la situation sanitaire actuelle. Sur ses réseaux sociaux, le Muséum d’histoire naturelle a diffusé un lien vers un site internet dédié à la magie et à la sorcellerie avec un message : le musée est fermé, mais reste connecté.


Une confrontation surprenante entre croyance et réalité

Ce site nous transporte dans une petite exposition réalisée sous forme de fresque graphique et interactive. Cette fresque permet un rapide historique du monde de la sorcellerie sous différents prismes. Au programme : mythes et croyances, mais aussi présentation de grandes figures du monde des sorcières et de faits scientifiques. On a ainsi droit à de l’herbologie (description, propriétés, croyances) ainsi qu’à de la lithothérapie.

Les légendes que l’on nous raconte viennent de toutes les régions du monde : antiquité grecque et égyptienne, croyances chinoises et celtiques, gauloise et romaines, amazones …. Certaines pratiques transcendent les âges et les peuples aux quatre coins de la planète.

A travers tous ces thèmes, on n’a de cesse de mélanger les mythes et la réalité, les faits avérés et les croyances culturelles. Cela permet de mettre en lumières certaines croyances qui ont toutes une part de vrai. Elles ne sont finalement que des interprétations de propriétés scientifiques que l’on ne comprenait pas à l’époque sous forme de mythe ou de superstition.


L’interface du site web : interagir pour découvrir

Visuellement, cette fresque est d’une beauté poétique où rien n’est laissé au hasard.  Chaque élément est parfaitement à sa place pour servir un but précis –encore faut-il être attentif-. La molette de la souris nous permet d’avancer vers la droite, dans le temps. Les paysages et les ambiances changent selon le pays, l’époque et la saison, au fur et à mesure que le spectateur explore. Les transitions de la fresque sont parfaites et les paysages magnifiques.

Tout est pensé pour instaurer du mystère et une ambiance particulière. Les éléments visuels nous donnent des indices sur l’époque et la culture avant même que l’on accède aux informations. Un ciel étoilé et des ruines grecques pour Circé, l’ombre d’une forêt dense et mystérieuse pour Morgane la celte, le paysage enneigé, chrétien et nordique pour Hildegarde… ce travail dans le visuel du site participe grandement à l’immersion du spectateur dans les différentes époques. Le fond sonore renforce aussi cet aspect mystérieux de pouvoir et d’ombre pour une ambiance totale.

Dans chaque paysage, une lumière verte et brumeuse clignote doucement autour de certains éléments pour nous inciter à cliquer et à accéder aux informations qu’ils recèlent. La boussole répertoire en haut à gauche donne l’accès direct à toutes les informations contenues sur le site. Si vous avez manqué un élément de la fresque pendant votre promenade, vous trouverez le restant des informations dans cette boussole.

Ce bouton est en réalité très utile. En effet, lorsqu’on clique sur certains éléments, de nouveaux boutons apparaissent (entourés ici dans l’image de droite).

Ils donnent accès à des informations complémentaires sur des figures animales, des pierres ou des plantes. Pas très instinctif, il faut les remarquer et avoir l’idée de cliquer dessus ou l’on risque de manquer des informations très intéressantes.

Sur chaque bout de fresque, il vous faudra cliquer sur la représentation humaine de la sorcière. Elle vous donnera des informations sur la figure clef du paysage, qu’elle soit décrite comme sorcière, fée, oracle, guérisseuse, shaman…

Dans cette exposition, la femme représente un contre-pouvoir au savoir des hommes. Ce contre-pouvoir effraie. On la décrit alors comme maléfique, tentatrice. Elle est donc souvent considérée comme une menace, ce qui va mener à la grande chasse aux sorcières.


« Fermé, mais on reste connecté ! »

Ce site très bien ficelé met l’eau à la bouche. Il constitue une petite consolation en attendant la réouverture du Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse, pour pouvoir profiter pleinement de l’exposition « Magie, sorcelleries ». Cette nouvelle action de la part du Muséum est une action concrète pour garder le lien avec le public, comme il aime le clamer depuis le début du premier confinement. Malgré tout, le musée s’adapte, créé, diffuse en faveur de l’accès à la culture et encourage le public à revenir vers lui.  

Si cela ne vous a pas encore convaincu d’aller voir cette exposition lorsqu’elle sortira, je vous laisse cliquer ici pour découvrir quels parcours vous attendent : parcours sensitif, illusions… de quoi vivre pleinement son immersion dans le monde des sorcières !

Et pour vous aider à prendre votre mal en patience, je vous invite à visiter ce merveilleux site internet et à laisser entrer un peu de magie chez vous.