{"id":1590,"date":"2020-01-13T11:32:44","date_gmt":"2020-01-13T10:32:44","guid":{"rendered":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/?p=1590"},"modified":"2020-01-13T11:32:44","modified_gmt":"2020-01-13T10:32:44","slug":"the-lighthouse-un-huis-clos-marin-etouffant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/2020\/01\/13\/the-lighthouse-un-huis-clos-marin-etouffant\/","title":{"rendered":"\u00ab The Lighthouse \u00bb : un huis clos marin \u00e9touffant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Quatre ans apr\u00e8s \u00ab The Witch \u00bb, Robert Eggers pr\u00e9sente \u00ab The Lighthouse \u00bb, son nouveau film, et poursuit son exploration du genre horrifique, toujours en Nouvelle-Angleterre, mais cette fois-ci \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, pour un huis clos harassant que ne renierait pas Edgar Allan Poe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La temp\u00eate qui rend fou <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 1890, nous suivons l&rsquo;histoire de Ephraim Winslow et Thomas Wake, interpr\u00e9t\u00e9s respectivement par Robert Pattinson et Willem Dafoe, deux hommes venus relayer les deux gardiens de phare pr\u00e9c\u00e9dents sur un \u00eelot perdu dans l&rsquo;oc\u00e9an Atlantique, en Nouvelle-Angleterre. Alors que le plus jeune des deux va au fur et \u00e0 mesure de son s\u00e9jour sombrer dans une psychose de plus en plus importante, son ain\u00e9 va s&rsquo;attacher \u00e0 contr\u00f4ler l&rsquo;ensemble des t\u00e2ches qu&rsquo;Ephraim devra effectuer et va ainsi instaurer une ambiance de plus en plus pesante au sein du microcosme c\u00f4tier. Apr\u00e8s quatre semaines de travail harassant, des vents violents annoncent une temp\u00eate \u00e0 venir et l&rsquo;obligation pour les deux hommes d&rsquo;\u00e9terniser leur pr\u00e9sence sur l&rsquo;\u00eele, faute de rel\u00e8ve ou de ravitaillement, rendus impossibles par les conditions climatiques. A travers son exploration du pass\u00e9 (son pr\u00e9c\u00e9dent film se d\u00e9roulait dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIe si\u00e8cle), Robert Eggers r\u00e9interroge les mythes anciens et la place du refoul\u00e9, th\u00e8me majeur du cin\u00e9ma d&rsquo;horreur. Les vagues et les bourrasques de vent qui viennent s&rsquo;\u00e9craser sur les rochers disent la puissance de ce pass\u00e9 enfoui. Les conditions climatiques dantesques, qui succ\u00e8dent \u00e0 une paisible brise marine, sont \u00e0 mettre en regard avec l&rsquo;\u00e9tat mental des deux personnages, qui vont voir ressurgir leur pass\u00e9 et devront affronter leurs vieux d\u00e9mons.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Une ambiance entre r\u00eave et cauchemar<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La mise en sc\u00e8ne de Robert Eggers travaille sur la mat\u00e9rialisation, la concr\u00e9tisation d&rsquo;une ambiance particuli\u00e8re, lorgnant du c\u00f4t\u00e9 de la litt\u00e9rature gothique et fantastique (on pense par exemple aux mythes marins comme le calamar g\u00e9ant ou Cthulhu). Il ne recule cependant pas devant la monstration, notamment lors des nombreuses s\u00e9quences oniriques qui r\u00e9investissent les figures phares du bestiaire marin, comme la sir\u00e8ne, la mouette annonciatrice de mauvais pr\u00e9sage, ou Pos\u00e9idon. La temp\u00eate annonc\u00e9e figure comme le point d&rsquo;orgue psychologique du film, tant pour le spectateur que pour les personnages, qui se trouvent dans une folie d\u00e9vastatrice. Cette d\u00e9ch\u00e9ance mentale trouvera sa concr\u00e9tisation \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9pisode apocalyptique, dans un calme hypoth\u00e9tiquement retrouv\u00e9 apr\u00e8s la temp\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"585\" src=\"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2020\/01\/the-lighthouse-1-1155x770-1024x585.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1597\" \/><figcaption>\u00a9 Universal Pictures International France <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Quand sonne minuit &#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pr\u00e9sent\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Cannes, o\u00f9 il avait remport\u00e9 le prix FIPRESCI lors de la Semaine de la Critique, <em>The Lighthouse<\/em> avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 le 20 septembre dernier lors du festival du film grolandais, le FIFIGROT, pour une s\u00e9ance de minuit in\u00e9dite et compl\u00e8tement adapt\u00e9e \u00e0 ce genre de films. L&rsquo;American Cosmograph avait ainsi renou\u00e9 avec la tradition des midnight movies, s\u00e9ries B (films \u00e0 petit budget) pr\u00e9sent\u00e9es tard le soir pour un public amateur de cin\u00e9ma de genre gore et iconoclaste. Cependant, avec des cin\u00e9astes comme Robert Eggers ou Ari Aster, le film d&rsquo;horreur, notamment am\u00e9ricain, prend un tournant bien \u00e9loign\u00e9 de ces films d&rsquo;exploitation \u00e0 petit budget, et impose une vision beaucoup plus auteuriste ou \u00ab intellectuelle \u00bb d&rsquo;un genre qui, d\u00e9sormais, gagne des prix en festival et consacre de jeunes r\u00e9alisateurs dou\u00e9s et ambitieux, avec une volont\u00e9 de r\u00e9inventer un genre jusque-l\u00e0 parfois moqu\u00e9 et souvent tr\u00e8s codifi\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quatre ans apr\u00e8s \u00ab The Witch \u00bb, Robert Eggers pr\u00e9sente \u00ab The Lighthouse \u00bb, son nouveau film, et poursuit son<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1593,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"colormag_page_container_layout":"default_layout","colormag_page_sidebar_layout":"default_layout","footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-1590","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cinema"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1590"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1599,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590\/revisions\/1599"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1593"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/larevuedespectateurs.artecom.studio\/2019\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}