spectacle vivant

« Lazare merveilleux » : Cirque et magie agitée au Théâtre Sorano

Dans le cadre de l’Européenne de Cirques, le théâtre Sorano a poussé les frontières de l’imaginaire en présentant « Lazare merveilleux » le 16,17 et 18 octobre. Cette création de la compagnie Blizzard concept renouvelle l’histoire de Lazare de Béthanie en l’agrémentant de poésie décalée et d’objets mouvants.  Elle nous montre que la magie et le cirque sont riches et accessibles.

Lazare et Gilburd. Lazare merveilleux. photo © Guillaume Fraysse

Une représentation onirique et mouvementée

Dans l’Évangile, Lazare de Béthanie est l’un des disciples de Jésus ramené à la vie par ce dernier. Ce personnage est depuis un symbole de résurrection et de vie éternelle. Notre Lazare contemporain, un genre de vieux garçon aux cheveux long et poussiéreux, ressuscite aussi. Il est lassé de ces réveils répétés. Lazare s’ennuie mais peut compter sur différents compagnons pour occuper son temps infini. Cet esthète use de sa facilité à déplacer les objets pour séduire Neptunia, une plante narcoleptique et aider Gilburd, un oiseau obèse, à retrouver son envol.

Cette histoire a été représentée pour la première fois le mercredi 16 octobre 2019 au théâtre Sorano. La salle était comble et le décor sobre. Sur scène, un ballon incandescent s’agitait comme un enfant, une plume d’oie écrivait d’elle-même au rythme des fantaisies de Lazare et la plante Neptunia hochait nonchalamment son feuillage.  Cette micro société ne cessait de s’activer de manière très naturelle. On ne savait pas comment et on ne cherchait pas vraiment à savoir.

« Lazare merveilleux » pourrait facilement se ranger dans l’étagère des belles curiosités tant il mélange judicieusement de la magie peu attendue et un lyrisme poétique et clownesque. Le temps du spectacle (une heure) suffit à nous montrer que la magie peut naître d’un rien et qu’elle se mêle naturellement avec le cirque et d’autres arts du spectacle.

Toulouse et le cirque contemporain

Cette création de la compagnie Blizzard Concept était proposée par le Théâtre Sorano, le Théâtre du Grand Rond et la Grainerie. Elle faisait partie du cycle de spectacles présentés du 9 au 19 octobre par la 7e édition de l’Européenne de cirque, un moment important pour les créations circassiennes contemporaines.

Toulouse semble être un terrain d’expérience pour la création circassienne. En témoignent la présence du Lido (Centre des arts du cirque de Toulouse) et de la Grainerie (Fabrique des arts du cirque et de l’itinérance). Avec un temps fort tel quel l’Européenne de Cirque, les arts circassiens étaient mis en avant dans différentes salles de spectacle. Une belle occasion de les mettre à porter d’un public plus large.

« Lazare merveilleux », s’inscrivait dans cette volonté de montrer un cirque d’un nouveau genre. Faire le choix de ce spectacle c’était choisir de montrer une manière originale d’utiliser la magie et ainsi de promouvoir sa diversité. C’était aussi faire le choix d’un métissage artistique charmant les plus jeunes comme les férus de cirque et de magie.

Un spectacle tout public

L’affiche du spectacle, un dessin griffonné mettant en scène un homme en blanc surplombé de ballons rouges, laissait entendre que le spectacle était ouvert à toutes les tranches d’âge. Ce qui se vérifiait ensuite dans le spectacle tant il pouvait toucher l’imaginaire de chacun. Le 16 octobre, une famille assise au premier rang riait aux éclats devant la plume peu à l’aise avec l’orthographe.  Il était évident que chacun pouvait y trouver son compte peu importe son âge et son expérience artistique.

 La veille de la première représentation, le Théâtre du Grand rond avait organisé une rencontre avec le magicien Antoine Terrieux, co-fondateur de la compagnie Blizzard Concept et incarnation de Lazare. L’entrée était libre et les participants pouvaient découvrir des tours de magie en close-up : un terme anglais désignant une magie qui se fait au plus près du spectateur. De sorte que ceux qui ne pouvaient pas se rendre au spectacle pouvaient goûter un peu de merveilleux hors les murs.